Lunch et interview avec la photographe Jehanne Moll

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"UNE JOURNÉE shooting demande une ÉNERGIE de marathonienne"

Le coureur et le photographe ont plus de points en commun que l’on pourrait le croire au premier abord. Alors que le premier passe son week-end à avaler les kilomètres, le second, comme Jehanne Moll, enchaîne à un rythme soutenu les journées de shooting. Pour la couverture d'un mariage, elle est sur les jambes pendant 12 heures, concentrée sur l'importance de capter des moments uniques. A l'instar d'une coureuse d'ultra, elle doit satisfaire ses besoins en énergie pour assurer une prestation de qualité. A sa manière, tout en douceur, cette graine de sportive expérimente l'alimentation saine et appréhende, petit à petit, la force d'une nutrition adaptée à l'effort. A table chez food2run, nous lui avons offert un repas sain et simple. En retour, elle nous a confié sans tabou son parcours vers un changement d'habitudes alimentaires. Intuitivement, Jehanne a adopté une alimentation sportive, qui ressemble fort à food2run.


Q

Tu viens juste de te remettre au sport. Tu es passée de zéro à … 6h de sport/semaine. Cela a-t-il modifié ta façon de t’alimenter?

R

Oui, je suis passée par plusieurs phases. J’ai d’abord eu une phase de «privation». Je me suis dit : « Fais du sport donc fais régime ». Je me suis vite rendue compte que j’étais très frustrée. Ensuite, j’ai fais plus attention à écouter mon corps par rapport à ce dont j’avais besoin pour les entraînements. Du coup, j’ai testé plusieurs types d’en-cas : des tartines de pain complet avec du chocolat noir et une banane, du Banana bread, du yaourt, etc. Je recherchais ce que j’aimais bien et ce qui me donnais assez d’énergie. Après deux mois, je me suis dit que ce serait bête de faire tous ces efforts pour continuer à mal manger. Du coup, j’essaie de me détourner des aliments transformés et je me fixe un objectif de 400 g de légumes et de fruits par jour. Et je me sens beaucoup mieux. Mais je m’autorise tout de même à craquer! 

 

Je fais plus attention à écouter mon corps par rapport à ce dont j’ai besoin
— Jehanne Moll

Q

Comment t’y prends-tu?

R

En société, je ne touche plus aux chips, je ne prends de l’alcool qu’au repas et j’évite de me resservir. J’ai aussi prévenu mon entourage que j’avais envie de faire attention. Lors des journées de mariage, j’essaie d’anticiper : je prends d'abord un gros petit déjeuner à base de porridge et de fruits. J’en mange une bonne quantité. Mon copain me dit toujours que je mange comme un ogre mais je sais que j’ai besoin d’énergie pendant quelques heures. Je prends aussi un petit paquet d’amandes et des pommes dans mon sac. Avant, dès que j’avais une petite faim, j’avais tendance à aller au supermarché du coin acheter un snack pas bon pour moi. J'essaie aussi au maximum de faire les choses moi-même. Par exemple, pour la Chandeleur, j'ai réalisé mes crêpes sans sucres et à la farine d'épeautre. Je suis aussi passée aux pâtes complètes.

Q

Tu penses avoir trouvé ton équilibre?

R

Oui et non. Je sais que je pourrais faire mieux. Récemment, j’ai eu de grosses fringales sucrées. Je les écoute, je les laisse venir, mais je ne vais pas aller me chercher un paquet de chocolat industriel, ce que je faisais avant. Je fais ce que j'appelle un "craquage maîtrisé", comme une tartine de chocolat noir par exemple. J’essaie de mettre le meilleur carburant dans mon corps. Lorsque j'en ai l'occasion, j'aime me rendre dans des enseignes qui privilégient le local (comme Justin mange bien, près de chez moi, ou les Petits producteurs par exemples). Ou même un bon burger.

J’essaie de mettre le meilleur carburant dans mon corps
— Jehanne Moll

Q

Ta plus grande découverte au niveau ingrédient?

R

Je n'aurais jamais parié que je mangerais autant de flocons d’avoine! C’est l'ingrédient qui se retrouve le plus souvent dans ma cuisine. En version salée, sous forme de galettes avec des bananes et du chocolat noir, des biscuits, etc. Mon entourage pense qu’il s’agit de la « nourriture pour cheval ». Je crois qu’on a tous entendu ce genre de phrase. Mais en fait, c’est vraiment du plaisir. Même si au début je me suis un peu forcée. Il y a un an, je mangeais encore des céréales industrielles. Je reviens de loin ! J'avais une alimentation-compensation. En général, quand j’avais pas le moral, je mangeais sucré ; quand j’étais fatiguée, je mangeais sucré ; quand je voulais me féliciter, je mangeais sucré.

Q

D’où vient ce déclic ?

R

J’ai eu une période où j’étais fatiguée, j’avais un trop-plein et j'avais tendance à m'apaiser en mangeant. Il m’arrive encore d’avoir des fringales un peu compulsive de sucres mais elles sont moins présentes et je me sens en meilleure forme. C’est souvent dû à une fatigue mentale et professionnelle. J’ai aussi rencontré des gens qui m’ont sensibilisée à l’alimentation saine, comme MINT et ses brunchs*. Je me tiens à mes habitudes car je sens que ça me fais du bien. Le bénéfice secondaire, c’est que j’ai une plus jolie silhouette.

Je me tiens à mes habitudes car je sens que ça me fait du bien
— Jehanne Moll

Q

Le poids de forme. Un problème?

R

Je n'ai pas de balance, je n'en veux pas. Je fais des photos deux fois par semaine de ma silhouette pour voir si ça évolue. Je me pèse cependant une fois par mois à la salle de sport. Cette balance mesure tout : la masse musculaire, la masse graisseuse, le métabolisme. C’est plus réaliste.

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Q

Une recette à partager ?

R

Le porridge au petit-déjeuner avec des flocons d’avoine, du lait, des fruits (banane, kiwi, fruits rouges) et un carré de chocolat noir 70%. J’aime aussi me faire un plat de riz avec des légumes: je coupe des carottes et des courgettes en fines lamelles, que je fais revenir dans de l’huile de coco avec de la noix de coco râpée. 

 

- Texte & interview : Pauline SELDESLACHTS, pour food2run

 

* Jehanne et Caroline (MINT blog) sont à l'initiative du projet Happy Thérapie, qui verra le jour prochainement à Liège.