Lunch et interview avec Positive Nation

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"Enclencher une spirale positive, physique et mentale"

Difficile de croire que le Jean-Pascal d’aujourd'hui, traileur passionné au physique athlétique, est en fait un ex-sédentaire abonné à la « machine à crasses ». Depuis ses débuts en course à pied il y a 5 ans, il a parcouru un chemin physique et mental qui a littéralement transformé son quotidien. Une mécanique positive bien rodée s’est progressivement enclenchée, articulée autour du sport, du dépassement de soi et d'une hygiène de vie étudiée. Résultat: - 20 kg sur la balance et une envie toujours plus forte de se dépasser. Jean-Pascal insuffle sa philosophie positive au travers de son blog Positive Nation, dans lequel il revient sur son histoire et ses exploits sportifs et où il distille conseils et réflexions. Autour d'un lunch coloré, il nous a livré son parcours.


Q

Ex-sédentaire en surpoids, tu pratiques aujourd'hui la course à pied de manière intensive, voire même « extrême ». Tu vas en effet te lancer sur un Ultra Trail prochainement (Marathon du Mont-Blanc, 91km - 6.200 D+). Quel a été le rôle de la nutrition dans ces progrès ?

R

Quand j’ai commencé à courir, je n’étais pas du tout conscient du lien qu’il y avait entre la nécessité de manger correctement et la performance sportive. Ce n’est qu’en commençant à courir que j’ai constaté que mon poids était un problème. Petit à petit, une spirale positive s’est installée : plus je courrais, plus j’avais envie de manger correctement. J'ai perdu 5 à 6 kg assez facilement. Ce n'est qu'après avoir passé la barre des 20 kilomètres que le poids à recommencer à poser problème. Je suis donc passé à une alimentation beaucoup plus saine et équilibrée : j'ai diminué très fortement les graisses et les sucres et limité ma consommation d’alcool. Notre alimentation quotidienne est en fait constituée de très mauvaises petites habitudes. En modifiant simplement quelques gestes, on peut obtenir de très bons résultats.

Petit à petit, une spirale positive s’est enclenchée
— Jean-Pascal

Doucement, cette spirale s’est aussi nourrie d’elle-même. Plus on mange sain, plus on apprécie de manger sain et moins on a envie de manger des saletés. Il ne me viendrait même plus à l’esprit d’avaler une barre chocolatée industrielle aujourd’hui.

Ce n'est que quand j’ai commencé à m'intéresser à l’ultra que je me suis tourné vers un diététicien spécialisé en nutrition sportive, qui m’a aidé à atteindre mon poids sportif optimal et, surtout, à gérer mon alimentation au quotidien comme dans le cadre des entraînements et des courses. 

L’ensemble de ce processus a été très progressif. Cette notion de progressivité est essentielle: il faut enclencher la mécanique et, une fois qu’elle s’enclenche, elle se nourrit d’elle-même. C’est beaucoup plus puissant que de se dire : «  Demain matin, je ne mange plus de sucres, j’arrête les graisses, j’arrête les sauces, je ne mange plus que des fruits et des légumes. » Après 3 jours, on est découragé.

La notion de progressivité est essentielle
— Jean-Pascal
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Q

Dans ton blog, tu parles beaucoup du bio, du zéro déchet. Comment l’appliques-tu en contexte de course?

R

J’ai pris conscience que l’alimentation saine voulais dire aussi « faire soi-même ». Dans notre famille, nous nous sommes complètement détournés des produits industriels et nous privilégions le naturel. J’applique cette philosophie au maximum en course. Je prends en charge la préparation des repas d’avant-course et des repas de récupération ainsi que les ravitaillements, soit un gâteau énergie soit les muffins du livre food2run. Cependant, le transport des ravitaillements faits maison n’est pas très pratique : leur contenant prend de la place et du poids dans le sac à dos. Je complète donc ces snacks avec des barres achetées en magasin. C'est la seule exception que je m’autorise car je les digère bien et y suis habitué. Cependant, la barre est enrobée d'un emballage en plastique, ce qui me dérange profondément, mais je n’ai pas encore trouvé de solution alternative. Je mange aussi des fruits secs, comme des figues et des dates. En revanche, toutes mes boissons sont naturelles : de l’eau pure ou additionnée de sucre ou du jus de fruits et d'un peu de sel. Je n’ai pas recours à des boissons énergétiques industrielles, dont le goût, le processus de fabrication et les déchets qu’elles génèrent me déplaisent. 

Je privilégie au maximum le naturel
— Jean-Pascal

Q

En regard de ton parcours, le poids de forme est-il toujours un problème? 

R

J’ai surtout trouvé un équilibre entre les moments où je peux être très strict envers moi-même pour atteindre mon poids de forme, parfois même un peu au-delà, et des périodes où je me laisse un peu plus aller. Durant cette période de relâche, je vais peut-être reprendre un peu de poids. Mon diététicien me conseille de ne pas prendre plus de 2 à 3 kilos, mais ce n’est jamais arrivé. Entre ces deux temps, je vis en équilibre : je mange sainement en m’autorisant de temps en temps un morceau de chocolat ou une part de gâteau maison. J’ai vraiment intégré ce mode de vie sain de manière permanente et récurrente dans mon quotidien, à tel point que ça a déteint sur notre vie de famille. Ma femme a adopté ce type d’alimentation et les enfants aussi. Ce qu’on a mangé aujourd’hui [NDLR : velouté de lentilles corail et salade de boulgour aux légumes], c’est typiquement le genre de plat qu’on fait à la maison.

 Salade de boulgour aux légumes (recette issue du livre  food2run )

Salade de boulgour aux légumes (recette issue du livre food2run)

Q

Que retiens-tu de cette évolution ?

R

Ce qui me frappe le plus, c’est que quantité n’égale pas qualité en termes énergétique. Le volume de mes repas a été réduit mais j’y trouve beaucoup plus d’énergie. Par exemple, mon petit déjeuner d'aujourd’hui est composé de pain complet avec un peu de fromage et de deux fruits ou un granola du coureur. Je déjeune vers 5h et suis rassasié jusque 10h30 et ce, grâce aux fibres présentes dans le pain complet et les fruits. Auparavant, je mangeais un déjeuner traditionnel type pain blanc et confiture. Résultat : j’avais faim une heure après. Avec le temps, mon estomac a réduit de volume, je ne sais plus manger les mêmes quantités qu’avant.

 

 

- Texte & interview : Pauline SELDESLACHTS, pour food2run

 

*Retrouvez le blog de Positive Nation ici et l'article dans lequel il relate sa découverte de food2run ici.